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Awatef regarde la caméra alors qu'elle traverse la rivière, un sac sur la tête pour éviter de la mouiller.
Légende: 
Awatef Abiadh trekking pour le terrain en France.
Crédit: 
© Louis-Marie Préau

Awatef Abiadh est chargé de programme Afrique du Nord pour le CEPF Bassin méditerranéen Équipe régionale de mise en œuvre (RIT). Elle est basée à la Ligue pour la Protection des Oiseaux/BirdLife France. Dans ce rôle, elle a travaillé avec plus de 50 boursiers du CEPF au Maroc, en Tunisie, en Algérie, en Libye et au Cabo Verde. Elle sert également de point focal sur le genre du CEPF pour la région, aidant les bénéficiaires à considérer le sexe lors de l'élaboration de leurs projets.

En Libye en particulier, où la conservation est naissante et difficile, le Dr Abiadh a joué un rôle déterminant en aidant les bénéficiaires du CEPF à recevoir physiquement des fonds et à adapter leurs projets lorsque des risques de sécurité sont impliqués. Elle a également animé des masterclasses et dispensé des sessions de formation sur les processus du CEPF.  

Le Dr Abiadh a grandi dans la campagne tunisienne et a noué des liens étroits avec la nature dès son plus jeune âge. Elle a commencé sa carrière comme enseignante, d'abord dans les écoles puis à l'Université de Tunis où elle a créé un club environnemental.

« Awatef a investi une énergie énorme dans le hotspot et a contribué au succès du CEPF dans cette partie du monde au cours des sept dernières années. Personne dans la région ne s'opposerait à ce qu'elle soit qualifiée de héroïne.Pierre Carret, directeur des bourses du CEPF

A travers une expérience de volontariat aidant à gérer les espèces envahissantes sur Zembretta, le Dr Abiadh est devenu fasciné par le processus de réhabilitation des écosystèmes par des actions concrètes. Elle a changé d'orientation de carrière pour la conservation et, en 2012, a obtenu un doctorat. en biologie de l'Université de Tunis avec les plus hautes distinctions. Elle a depuis publié une myriade d'articles scientifiques liés à l'écologie et à l'évolution.

Dans ses mots

CEPF : Pouvez-vous décrire brièvement votre projet financé par le CEPF ?
Awatéf : Je fais partie de l'équipe de mise en œuvre régionale pour le bassin méditerranéen. Notre rôle est de superviser l'investissement du CEPF, de nous assurer que le financement va à des projets qui fonctionnent sur les bons sites et les bonnes espèces, conformément au profil de l'écosystème. Nous renforçons également les capacités techniques des organisations de la société civile que nous finançons, afin qu'elles puissent bien gérer leurs subventions et leurs projets et devenir plus fortes pour les futurs travaux de conservation. 

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Groupe de femmes souriantes, beaucoup portent des foulards.
Légende: 
Awatef avec des femmes à Souss Massa, au Maroc.
Crédit: 
© O. Langrand

CEPF : Quels ont été les résultats les plus importants que le RIT a pu accomplir jusqu'à présent ?  
Awatéf : La région s'est progressivement renforcée et les bénéficiaires que nous soutenons ont remporté de nombreux grands triomphes en matière de conservation, tels que de nouvelles aires protégées en Algérie, la cogestion d'une aire marine protégée en Tunisie et le renforcement des coopératives au Maroc.

Grâce au RIT, nous avons facilité de nouveaux partenariats entre les organisations, nous avons renforcé les réseaux en présentant de nouveaux partenaires et en nous appuyant sur les données existantes, nous avons créé des synergies avec d'autres donateurs dans la région et nous avons offert des opportunités à la société civile dans pays où les autres donateurs ne pouvaient pas aller, par exemple en Libye. 

CEPF : Quelle est la leçon la plus importante tirée de votre travail avec le CEPF ? 
Awatéf : Au cours des 7 années, nous avons beaucoup appris de la mise en œuvre de projets dans le bassin méditerranéen en général et en Afrique du Nord en particulier. L'une des leçons importantes est qu'avec un petit financement, les petites organisations locales peuvent avoir un impact important si elles impliquent la population locale.

"Awatef a aidé à former un groupe de bénéficiaires incroyablement enthousiastes, travaillant en étroite collaboration les uns avec les autres. Elle est une véritable figure de proue dans ses pays."Liz Smith, responsable du RIT

CEPF : Les travaux de conservation sont difficiles et s'accompagnent souvent de revers. Qu'est-ce qui vous motive ? 
Awatéf : Rien n'est difficile avec la persévérance. Il y a bien sûr des défis, surtout lorsque nous travaillons avec différents niveaux d'acteurs traitant de différents domaines d'intérêt.-de la gestion côtière aux paysages culturels-avec le seul objectif principal de responsabiliser les gens pour la conservation de la biodiversité.

Les réalisations en matière de conservation dans la région me motivent, ainsi que mes collègues. Nous nous impliquons auprès de nos bénéficiaires lorsque nous approuvons leurs activités, et nous partageons leurs défis, leurs victoires mais aussi leurs échecs. 

CEPF : Quels conseils donneriez-vous aux écologistes en herbe ? 
Awatéf : Si j'ai un conseil à donner aux écologistes, ce serait de croire que le changement est possible et qu'il n'est pas trop tard. Nous avons encore une chance de préserver les ressources naturelles de l'extinction si nous utilisons les outils appropriés et travaillons ensemble.

Projets financés par le CEPF